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Michel-Henri, Sydney, Australie | Michel-Henri, Sydney, Australie |
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TRIMEX PTY. LTD.
Commercialisation et distribution de produits parfums, cosmétiques et accessoires de mode Sydney, Australie
Michel-Henri CARRIOL Pour en savoir plus : www.trimex.com.au Son histoire jusqu’a l’Australie : Son arrivée sur le marche australien est atypique. Il rentre au ministère des finances et on lui propose de l envoyer dans une ambassade a l étranger, dans ce qu on appelle les postes d expansion économique (aujourd hui mission économique), ce qu il accepte.
Il quitte donc le quai Branly en 1966 pour rejoindre l ambassade de France en Australie en tant qu attache commercial. Puis il décide assez rapidement que l Australie est un pays sympathique ou il fait bon vivre et qu il a envie d y rester un moment. C est donc la qualité de vie a Sydney qui l incite a s installer a plus long terme. Il apprécie surtout les gens, extrêmement sympathiques, plus directs… moins névroses ou rouspeteurs comme peuvent l etre parfois les Français.
Son parcours d’entrepreneur :
Lui a commence tout seul avec un petit bureau, une secrétaire a mi temps et un répondeur téléphonique.
Il choisit tout de même le nom de société Trimex (parce que ça ne veut rien dire… sauf tri pour triangle, parce que c est court, parce que c est international), suffisamment insignifiant pour ne pas être lie a un secteur d activité et faire ce qu il veut (au cas ou ça se passerait mal dans les secteurs prédéfinis).
Ses 5 années a l ambassade et sa bonne formation (diplôme de Sciences Po) lui ont permis d avoir une ouverture sur ce type de business, de connaître les sociétés Françaises potentiellement intéressantes, et de se constituer un portefeuille de contacts important. Par ailleurs, il repère sur les marches qu elles sont les créneaux et types de produits qu il peut essayer de vendre en Australie. Il pousse la recherche et l identification de ces créneaux grâce a une étude de marche sérieuse qu il réalise lui-même.
Une fois les produits sélectionnes (certains se révèleront bons, d autres non), il contacte les sociétés françaises fabricantes de ces produits et leur propose le deal suivant : « Vous ne vendez pas ce produit en Australie ou mal via un importateur… je vous propose d importer, de vendre aux grossistes et d être responsable du Marketing local pour votre compte ».
La particularité de son concept, et ce qui va faire son succès, réside bien dans la plus value Marketing qu il apporte tant au fabricant de la marque (promotion de la marque et des produits) que du détaillent (puisqu il lui apporte des éléments qui vont lu permettre de mieux vendre, de la PLV entres autres).
Pour faire vivre sa société, il importe au départ des produits très différents comme des biens d équipements, faire des études de marches, faire de la gestion de filiale (ce qu il fait toujours). Heureusement, il arrive se constitue rapidement un portefeuille de produits, qui évoluera au fil des années et des évolutions du marche… parmi ces marques, citons
Le développement de la société va être linéaire. Il engage rapidement une première personne pour l épauler dans la vente. Ensuite, il embauche un français pour le seconder. Un comptable, responsable d entrepôt. Un responsable logistique. Etc.
La société va donc grossir gentiment pendant 30 ans. A ce jour, Trimex emploie environ entre 600 et 700 personnes selon les moments de l année, dispose de son propre entrepôt centralise a Sydney, d une force de vente importante et couvre tout le pays, plus la Nouvelle Zélande et tout le Pacifique Sud. Trimex réalise 90 millions de dollars australiens avant taxes.
Aujourd hui les 3 F ne sont plus le monopole de la France. Sont aussi consideres cote bouffe, les italiens (très forts en Australie) ; dans la mode, les italiens toujours, les anglais et les américains ; dans les parfums, les parfums de stars américains sont numéro 1 en Australie. Les produits français ne dominent donc plus la situation comme c était le cas il y a 20 ou 30 ans.
Michel-Henry a fait venir son fils aine dans l affaire depuis une dizaine d années et pense bien prendre sa retraite et lui passer le flambeau a court terme. Il ne se voit pas revenir en France. Parce que ça fait 40 ans qu il vit en Australie et a donc plus vécu ici qu en France. Sa vie est établie ici et il est très bien ici. Par contre il vient régulièrement en France tous les 6 mois pour les affaires et compte continuer à y retourner 1 ou 2 fois par an en vacances.
Sa vie d’entrepreneur :
Pourquoi devenir entrepreneur ?
Par décision. Il ne veut pas faire carrière dans la fonction publique, ne veut pas intégrer l ENA ou toute autre administration française a la suite de son expérience en Australie. D ailleurs il veut rester en Australie.
Très tôt en Australie, il a l idée de monter son affaire. Car il s aperçoit rapidement, dans la position qu il avait a l ambassade, qu il y a des opportunités d affaires. Il se dit donc que plutôt que de recommander a différentes sociétés françaises, qui suivaient ou non ses conseils, ce qu il fallait faire sur ce marche, il va se recommander a lui-même quoi faire.
Les avantages a devenir entrepreneur sont pour lui : d être seul maître a bord, d être maître de son temps, d être maître de la destinée a donner a son entreprise… et en plus c est satisfaisant de monter votre affaire, c est votre bébé ! Les inconvénients sont les risques financiers lies a un possible échec, les conséquences possibles sur la vie privée et familiale, le stress que tout cela et la gestion au quotidien de son affaire engendrent (notamment la nécessite de prendre de bonnes décisions).
Donc il décide de monter son affaire dans les années 70, bénéficiant de la résidence permanente du fait de son statut ex diplomatique et de son mariage avec une australienne.
Il se dit qu il doit crée quelque chose qui corresponde a l image de la France, car tout le monde comprend a son accent anglais qu il est Français. Il décide donc d importer et de distribuer des produits qu il appelle les 3 F. F pour France mais aussi pour ce qui symbolise la France : Food, Fashion et Fragrance.
Quel parcours du combattant pour créer en Australie ?
Même si c est plus complique qu il y a 30 ans, les formalités administratives pour créer une société en Australie et embaucher du personnel sont beaucoup plus simples et moins coûteuses qu en France (pour donner une échelle, représentent 10% de la peine qu on se donnerait en France). Les démarches sont donc réduites a leur plus simple expression (un papier a remplir)…. De plus, l administration cherche constamment a améliorer ses procédures.
Il n y a pas besoin de constituer de capital (ou 2 dollars) pour monter une affaire. Si vous n avez pas le temps et de l argent, vous pouvez aussi acheter, a des gens dont c est le business, une ‘shelf company’ (compter 500 a 1000 dollars selon la complexité de l affaire), soit une compagnie déjà existante toute prête, et vous n avez plus qu a modifier le nom.
Le cote merveilleux aussi avec l Australie c est que tout est fait pour vous simplifier la vie, surtout si vous etes entrepreneur.
Et si c’était a refaire ?
Rien a regretter.
S il est devenu un entrepreneur accompli ici et a acquis la nationalité australienne, il garde des liens forts avec la France et s intéresse a la fonction publique Française : il a été président de la Chambre de Commerce Française en Australie, Delegue au Conseil Supérieur des Français de l Etranger, Président de l Union des Français de l Etranger, Représentant de la France au sein des organismes australiens, il est toujours conseiller du commerce extérieur de la France.
Des conseils a donner pour qui voudrait tenter l aventure ?
Il faut garder les yeux ouverts. Il entend souvent les jeunes francais dire « la chance ne m a pas sourit ». Et bien pour lui, la chance il faut etre place pour la voire, il faut etre la, il faut regarder, il faut avoir les yeux ouverts… et en plus il faut la reconnaître quand elle passe, il faut l agripper et la prendre avec soi. En effet, elle peut passer 2 ou 3 fois dans une vie, mais si on lui tourne le dos ou si on dort on ne la verra pas passer. La chance on se la cree.
Sinon on peut tout faire si on le fait intelligemment. Il est important d observer, de comprendre qui fait quoi, d identifier voire de rencontrer les bons interlocuteurs (le directeur des douanes, les bon services comptables, le bon avocat) avant de se lancer. Il est difficile voire dangereux de débarquer comme ça, et donc nécessaire de se constituer des bases utiles.
Ou alors, avant de s engager dans quelque chose, il faut vérifier d avoir une bonne santé. En effet, si vous n avez pas la bonne technicité, vous pouvez l acheter (ou l embaucher), les capitaux on peut l emprunter (auprès de banque, d amis, etc…), mais la santé elle ne s emprunte pas et ne s achète pas. Il faut une bonne santé car au départ il faut travailler comme un damne ( c est pas les 35 heures… 50, 60, 70 heures par semaines et des nuits blanches en perspective) sur des années, voire des dizaine d années. Y a pas de secret, il faut être bosseur, persévérant, et endurant pour arriver a des résultats.
Si vous arrivez en Australie avec un projet de monter une affaire et les capitaux pour le faire, vous obtiendrez facilement les papiers, dont un permis de résidence. Difficile autrement de débarquer comme ça, a part dans les secteurs ou l Australie est en déficit : l informatique par exemple, cuisiniers et bien d autres segments…. Pour plus de détails rendez vous sur le site officiel du ministère de l emploi.
Pour être entrepreneur, il ne faut pas avoir une nature stressée et être assez libre de ses pensées (ne pas douter et décider en toute logique). Il faut être un peu fonceur (vaut mieux prendre une mauvaise décision que pas de décision), voire jemenfoutiste sur les bords.
Savoir s expatrier : si on est content en France et pas en train de constamment se rebeller contre le système, il vaut mieux rester en France qui est un pays très agréable en comparaison de beaucoup d autres. On ne trouvera pas beaucoup plus d attraits en Australie, sauf si on vit peut être dans le nord. L expatriation est donc justifiée que si elle est un choix. Quand on s expatrie dans un pays lointain et pas de langue française, il faut réfléchir a la question de sa moitie si on en a (est on sur la même longueur d ondes et a-t-on la même motivation ?), la question des enfants (quelle culture souhaite t on inculquer a son enfant ? que souhaite t on faire avec eux ?), la question de la famille et des parents en particulier (pourras t on gérer cet éloignement et ce manque affectif ?)… il y a aussi la question de la langue qu il faut maîtriser et les faux frais lies a l éloignement et les voyages nécessaires en France (enterrement, naissance, ressourcement).
Il faut que l expatriation soit un véritable projet de vie et pas limiter l expatriation a un projet de création de société. Il faut balancer les 2 aspects.
Quand on veut s installer ici, il faut d abord prendre contact avec les services consulaires de l ambassade d Australie de Paris ou d ailleurs, pour leur expliquer que vous avez l intention de vous installer en Australie. Vous allez remplir des papiers expliquant votre projet et ils vont déterminer s il y a des bonnes raisons de vous accepter en Australie. Et en principe si le projet est bon, vous allez obtenir un visa (peut prendre cependant plusieurs mois). Si ça ne marche pas, vous pouvez essayer d autres voies comme le sponsoring d une entreprise australienne, mais quand on veut vraiment on y arrive toujours.
Oublier son esprit de clocher. Même si les français sont env 40 000, si vous venez en Australie c est pour travailler avec des gens du cru, quelque soit leur nationalité. Si vous voulez voire des Français, rester en France. |
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