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Marc, Jakarta, Indonésie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
TAUZIA
Hotel Management
Jakarta, Indonésie


Marc STEINMEYER

Pour en savoir plus : www.tauzia.com

Son histoire jusqu’a l’Indonésie :

Marc est originaire de Marseille où il fait la plupart de ses études. Il a ensuite la chance de partir faire l’école hôtelière de Suisse. C’est le déclic, une révélation. La Suisse n’est pas loin mais c’est une première ouverture vers l’international. Il attrape donc à 16 ans le virus du voyage. Il profite des vacances pour partir sac à dos à travers l’Allemagne, puis l’Angleterre.

A la fin de ses études, il n’a pas vraiment envie de travailler et préfère découvrir le monde. Il s’envole en 79 pour l’Amérique Centrale. Il voyage au Nicaragua et Guatemala, mais face aux risques et dangers quotidiens, il décide de rentrer plus tot que prévu en France. Il ne tient pas plus de 3 semaines. Il repart, en Asie cette fois. Il atterrit en Malaisie avant de parcourir le continent. Cette découverte du monde dure au total 4 ans.

Et puis une graine germe dans son esprit : il faut travailler sérieusement et il a envie de se marier. Il fait donc le choix de rentrer en France et intègre le Groupe Accord. Marc a une carrière rapide et passionnante. Apres plusieurs responsabilités et une dizaine d’années chez Accord à Paris de 82 à 90, le virus de la mobilité international a repris en lui.

Il fait des appels du pied pour partir en expatriation, en Asie de préférence puisque son épouse est asiatique. Cette région du monde démarre pour le Groupe Accord qui accepte rapidement d’envoyer Marc dès 91 à Bangkok pour occuper le poste de Responsable des Ressources Humaines sur l’Asie Pacifique. Il tient le poste pendant deux ans. L’Asie est en croissante rapide et le Groupe Accord a besoin de se restructurer pour faire face.

Marc profite de la réorganisation pour quitter les Ressources Humaines et repartir sur des opérations de développement. Il choisit l’Indonésie où tout est à faire et part s’y installer en 92.

Son parcours d’entrepreneur :

Marc est installé à Jakarta. Il développe jusqu’en 99 les activités d’Accord, qui devient le 1er hôtelier du pays une trentaine d’hôtels.

Puis vient la crise en 99. Marc est transféré à nouveau sur Bangkok et se retrouve vice-président en charge de la partie sud est asiatique. Il remplit cette nouvelle mission pendant un an et demi.

En 2001, Marc approche de la cinquantaine et se sent pousser des ailes. Il décide de quitter le Groupe Accord pour créer son affaire. La décision n’a pas été difficile à prendre car elle vient de lui, comme une voie intérieure. Par contre, il est difficile de déterminer le comment y arriver. Il a fallut aussi faire face à la pression familiale (les faire adhérer à son projet), financière (passer d’un statut expatrié ou on est bordé au statut à son compte ou on doit tout assumer), et savoir où s’installer.

Pour ce dernier point, Marc a choisit l’Indonésie et c’est un choix pragmatique : un, il connaît déjà bien le pays. Deux, en Asie il lui semble que l’Indonésie est le pays où il est le plus facile de s’installer. Trois, tous les regards sont tournés vers l’Asie du Nord, donc le terrain est libre dans le sud asiatique et c’est le moment de profiter de cette situation.

Il déménage donc à Jakarta en 2001 et fonde sa société Tauziat. Il reste proche d’Accord et c’est d’ailleurs ce qui lui permet de démarrer ses activités. En effet, il négocie et obtient l’exclusivité pendant 6 ans du développement d’Accord en Indonésie (puisque le Groupe a également les yeux rivés sur la Chine). La progression est facile et rapide du fait du peu de concurrence. Marc ouvre facilement 10 hôtels pour le compte d’Accord en un peu plus d’une année. Ensuite, cela devient plus dur car la concurrence se réveille et il ouvre 10 autres hôtels en espace de 4 ans.

En même temps, il développe ses propres activités dont le conseil en évaluation de biens immobiliers et la création de produits hôteliers. Ce dernier point représente à ce jour sa principale activité. En effet, il va en 4 ans créer plusieurs produits hôteliers qui sont gérés et développés par Tauziat. Chacun d’entre eux possède sa propre identité et vise une niche de marché. Il y a la chaîne Harris Hotel Resort qui compte à ce jour 4 hôtels et Marc projette d’en ouvrir 3 autres à moyen terme. Il y a la chaîne des Waka resort & spa qui s’appuie sur la reprise et la refonte d’hôtels existants avec l’aide d’un partenaire indonésien et qu’il cherche à développer en franchise. Il y a enfin la gestion et la location d’appartements et villas.

Le contrat d’exclusivité avec Accord a cessé en 2005 mais il continue à travailler pour le Groupe dans le cadre d’opérations spots et win win. Tauziat emploie aujourd’hui à son siège 25 personnes dont 6 expatriés, représente 1 000 chambres pour environ 900 employés.

Le Groupe cherche à se développer à l’international. Il possède déjà des activités au Vietnam où il gère plus de 700 appartements, et le double d`s l’année prochaine. La prochaine cible est l’Inde.

Sa vie d entrepreneur :

Pourquoi devenir entrepreneur ?

Plusieurs facteurs expliquent sa décision de se lancer à son compte. Premièrement, et compte tenu de sa position hiérarchique, les perspectives d’évolution se font minces.

Ensuite, c’est la volonté d’entreprendre. En effet, Accord lui a insufflé l’esprit d’entreprise et il souhaite aller au bout de ce raisonnement, passer à l’action, entreprendre sans filet. Il veut relever le pari de réaliser quelque chose par lui-même, pour se prouver des choses et non par ego.

Troisièmement, il ne veut pas correspondre au cliché de ces soixantenaires qui ont perdu leur liberté d’esprit en cherchant à tous prix à préserver leurs acquis. Il veut rester fidèle à son esprit téméraire, au goût de prendre des risques. Aussi, il veut rester libre de travailler comme il l’entend, sans carcans.

Quel parcours du combattant pour créer en Indonésie ?

Il est facile de s’installer en Indonésie et c’est une des raisons pour laquelle Marc a choisit ce pays. Avec le concours d’anciens collègues de chez Accord, il a pu fonder sa société en 3 mois. Les formalités administratives d’enregistrement sont faciles. Il est propriétaire de sa boite à 100%.

En règle générale, il est facile de créer une affaire en Asie du fait du faible poids de l’administratif, du bon sens qui règne, de la faible pression fiscale, de la souplesse de l’environnement. La logique d’entreprendre est reine. L’Asie est une machine à entreprendre d’un redoutable dynamisme.

Il y a par contre, deux difficultés à anticiper pour éviter de mal les vivre.

Une difficulté liée à la création d’entreprise en Asie est l’importance de l’image, le paraître, la face. Il n’est pas possible de démarrer à moitié. Il faut investir lourdement, se donner les moyens de ses ambitions, pour démontrer son optimisme, sa confiance, sa rage de réussir. Il faut s’y préparer car entretenir un certain standing de vie demande des capitaux de départ.

L' autre difficulté que rencontre tout ancien cadre de haut niveau qui souhaite devenir entrepreneur est le fait de compter plus que ses vrais amis une fois la mutation accomplie. Il faut également se préparer psychologiquement à voire de nombreuses personnes disparaître de son environnement du fait de la perte de son statut, pouvoir, connections. Le regard des gens change et vous comptez rapidement ceux qui vous suivent et vous reconnaissent pour vos valeurs personnelles. Il faut savoir encaisser cette phase de creux et avoir le moral solide pour faire face sans rien laisser paraître.

Mais l’idée forte est qu’il n’aurait jamais pu créer et développer Tauziat en France. Ici le cadre légal ne lui impose rien. Au contraire il est souple et lui permet de démarrer et de se développer selon ses moyens et opportunités du moment. La souplesse des formalités d’embauche et des contrats de travail, la faiblesse des obligations légales d’assurance et autres, permettent d’allouer un maximum de ressources au développement de l’entreprise et donc à sa pérennité.

Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l aventure ?

Devenir entrepreneur est simple. Son bilan parait beau sur le papier mais il ne faut pas se faire d’illusions : c’est beaucoup de travail non stop 7 jours sur 7, c’est pas facile tous les jours avec pleins d’embûches, d’énigmes. On a rien sans rien. Y a pas de miracle, il faut y croire, et se donner au maximum. Il ne faut pas se poser de questions, mais croire à sa bonne étoile et foncer. Quand on arrive à vaincre ses peurs et à croire en soi, bien sur il y aura des hauts et des bas, mais quel champ d’action merveilleux qu’a. Le monde s’offre à nous. Entreprendre c’est avant tout un état d’esprit, d’agir, de contribuer à quelque chose. Le sujet n’a pas d’importance, on a les moyens de ses ambitions, c’est tout.

Pour partir, il faut « mourir un peu ». Il faut se défaire de toutes ses affaires, se dé-occidentaliser. En Asie, les gens en ont bavé et donc ils ont une envie, une ambition, un appétit de vie énorme. Il faut donc être entrepreneur à leur niveau, faire preuve du même dynamisme, du même état d’esprit. Pour y arriver, il faut se préparer au pays, faire des voyages de reconnaissance, s’intéresser à ce qui s’y passe.

 
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