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Jean-Marc, Tokyo, Japon | Jean-Marc, Tokyo, Japon |
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STYLE FRANCE
A cette époque, on commence à parler du japon et en particulier dans l automobile avec l’essor de Nissan et de Toyota. Mais ce n’est pas la raison de sa première expérience au Japon. Jean-Marc a fait un rêve de jeunesse qui est de prendre le transsibérien. Il réalise ce rêve en 85. Son voyage via le transsibérien se termine au japon. Il a un choc culturel en arrivant dans le port d’ Yokohama. C’est formidable. Tout marche, tout est beau, propre, bien organisé. Jean-Marc est très impressionné. Une américaine qui vit au Japon et qu’il a rencontrée pendant la traversée entre la Sibérie et le Japon, lui propose de tenter sa chance comme elle, et de trouver un travail de professeur d’anglais. L’aventure tente Jean-Marc. Il se dit pourquoi pas : il a envie de quitter Renault, de changer d’air, d’ essayer autre chose. Son parcours d’entrepreneur : Il rentre en France liquider ses affaires, et repart immédiatement en 85 pour Tokyo, sacs sur le dos. Il loge dans un premier temps dans les auberges de jeunesse de Tokyo puis, il décide de rejoindre son ami américaine à Osaka. De fil en aiguille, grâce à leur emploi de professeurs d’anglais et des petits jobs à coté, ils peuvent louer un appartement à deux. Jean-Marc commence à vivre et s’installer durablement au japon. Il s inscrit dans une université japonaise pour prendre des cours de Japonais 4h par jour, en plus de ses boulots. Il rencontre sa femme en 86, s’installe avec elle et décide de travailler de manière plus concrète. Il trouve un emploi fixe dans une société japonaise d’import / export. Puis en 87 avec sa femme, il choisit de se mettre à son compte. Leur choix porte sur l’importation au Japon de meubles de style pour deux raisons. Un, le père de Jean-Marc connait un fabricant de meubles français qui souhaitait exporter sur le Japon. Deux, c’ est l’époque de la bulle donc les japonais achètent tout à n’ importe quel prix, alors pourquoi pas des meubles de style. Le fabricant leur prête des meubles qu’ils sont chargés d’exposer au Japon. Jean-Marc organise des expositions au poste d’ expansion économique de Tokyo, puis dans plusieurs grands magasins japonais. Ils gagnent ainsi ses premiers clients. Mais il se rend vite rendu compte que vendre des meubles de style français au Japon est difficile car les intérieurs japonais ne correspondent pas aux intérieurs français. Les meubles massifs sont une contrainte. Il décide alors de faire des meubles sur mesure, moins spacieux, et donc plus adaptés au marché japonais. Il décide aussi de s’orienter vers la vente de plus petits objets de décoration d’intérieur. Par ailleurs, Style France est une société existante. Il s’agit d’une affaire d’importation et de vente en gros de lampes et tissus d ameublement haut de gamme, créée par une française il y a plus de 10 ans. La société marche bien et possède un show room à Tokyo, mais la propriétaire souhaite vendre pour se consacrer à une autre activité. Elle propose à Jean-Marc, qui a travaillé pour elle, de racheter l affaire. Jean-Marc saisit cette opportunité et achète la société (3 employés) avec un prêt de banque. Il peut ainsi exposer ses meubles dans le showroom et développer l’ activité objets de décoration intérieure de Style France. Il lance le concept Style France en tant que marque propre. Il réussit à entrer dans un premier grand magasin et comme le concept plaisait tous les autres l’ont voulu. C’est ainsi qu’il multiplie les corners dans les grands magasins autour des seuls lampes et tapis. En 95, il lance le concept total (lampes, meubles, tapis) et le vend aux magasins clients. La société grandit rapidement jusqu’ à employer 60 personnes il y a un an. Le succès est réel mais Jean-Marc se dit qu il est peut-être préférable de changer d’organisation pour pérenniser le concept et l’inscrire de manière plus ferme. Il a l’idée de monter sa boutique en propre. Ce sera chose faite en 2000. En réaction, ses clients grands magasins lui propose de doubler la surface de ses corners. Seulement, cela demande de lourds investissements financiers et personnel (le fournisseur gère l’animation des corners), et Jean-Marc voit ses marges se réduire au fur et a mesure que l’ euro se renforce. Pour continuer à développer la marque Style France et à gagner de l’argent, Jean-Marc l’année dernière prend la décision de trouver un partenaire japonais qui reprend l’activité distribution (la gestion et l’organisation des boutiques et corners, personnel et stock compris). Style France que continue de diriger Jean-Marc se trouve du coup beaucoup réduit (40 salariés passent chez le partenaire). Elle garde la propriété de la marque et s’occupe du design, de la création des gammes et des liens fournisseurs et se rémunère en touchant des royalties sur les ventes. Les 2 entités sont indépendantes juridiquement mais liées par contrat pour l’activité Style France. Les nouveaux partenaires prévoient l’ouverture d’une dizaine de corners dans les prochains mois et, 20 à 25 autres dans les 2 / 3 ans à venir. Les ambitions de Jean-Marc ne s’arrêtent pas là : il souhaite créer de nouvelles boutiques autour du nom style France et pourquoi pas exporter la marque « Style France ». Si le concept plait au japon, pourquoi pas ailleurs ? Des professionnels chinois et taiwanais se sont déjà montrés intéressés. Enfin Jean-Marc souhaite partager son expérience et son savoir faire avec des entrepreneurs français qui voudraient s’ installer au Japon. Il connaît bien le métier et les procédures, il a réussit et peut donc aider quelqu’un à monter ou développer son business ici, assurément dans des domaines proches du sien. Il envisage de lancer une activité dans le consulting. Sa vie d entrepreneur : Pourquoi devenir entrepreneur ? Il l’a fait un peu par opportunité. Créer une entreprise au Japon est intéressant et motivant. Il était en France proche des syndicats et n’ avait pas l’ esprit entrepreneur en arrivant au japon. Le fait de voyager et de tenter l’aventure au Japon lui a donné cette envie. Il a bien aimé en arrivant au Japon, le rapport de confiance entre patron et employés, la bonne intelligence de dire qu’on va travaille dur ensemble pour créer la richesse et ensuite la partager et non pas l’inverse. L’idée que l’état japonais ne les attend pas au tournant pour les empêcher de travailler lui a bien plu aussi. Enfin, il a aimé le dynamisme du pays. Quel parcours du combattant pour créer au Japon ? L’état japonais est très favorable à l’esprit d entreprise. Il y a plus d’un million de petits entrepreneurs au Japon. Celui qui développe une entreprise est poussé à consommer, à investir car il n’est pas oppressé ni surveillé par le fisc, les impôts , l Urssaf, l inspecteur du travail. De plus, les impôts des sociétés ne sont pas élevés. Les impôts sur le revenu sont compensés par le fait qu’on peut faire supporter beaucoup de frais personnels par l’ entreprise (emprunt pour la maison, voiture, etc…), ce qui facilite le démarrage et incite à entreprendre. Monter une société n’ est pas forcément évident surtout compte tenu des frais importants au démarrage. Il y a bien sur une certaine bureaucratie, des lourdeurs administratives. Mais l’ensemble fonctionne très bien, est souple et on arrive rapidement à des résultats. Au début, c’est un peu difficile car il faut s organiser, montrer des résultats pour gagner la confiance de ses interlocuteurs japonais. Mais comme partout, quand on montre qu’ on veut on y arrive facilement. Le Japon est un pays où le travail est récompensé, où les entrepreneurs sont encouragés. Il existe un certain nombre de facilités au niveau administratif, pour l’obtention de prêts au niveau des banques, d’un tas de chose qui fait que créer devient plus facile. Le système japonais est très flexible au niveau de l emploi : il existe un système des petits boulots, avec la possibilité d embaucher à l heure. Et si c était à refaire ? Il est heureux de sa vie de famille et de sa réussite professionnelle. Il est content d’ être partie a l étranger car s il était reste en France il n aurait pas pu faire tout cela. Jamais, il n aurait pas pris les risques qu il a pris ici. Etre au Japon lui a fait prendre conscience de beaucoup de choses positives et lui a donné envie de devenir entrepreneur. Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l aventure ? Ca lui arrive souvent de donner ce type de conseil lors de conférences ou de cours qu’il donne dans les grandes écoles internationales. Le Japon n’est pas un pays facile. Il ne faut pas avoir trop de certitudes avant de venir, il faut bien réfléchir à ce qu’on veut faire, s’ organiser, bien préparer son business plan. Il faut s’ adapter a la culture japonaise, prendre son temps, être patient. Il faut savoir proposer un service aux standards japonais tout en gardant son caractère et une touche français. Le Japon fait peur : c’est loin et la langue est difficile. C’est en fait un pays très accueillant vis-à-vis des étrangers et avec de la volonté et l’envie, le japonais s’ apprend rapidement. Car il est préférable de parler japonais pour éviter les écueils. Etre sérieux, être a l heure, respecter sa parole est très important pour les japonais. C’est donc dure de réussir au Japon mais ceux qui y arrive ont un retour formidable sur leur travail. En conclusion, il ne faut pas chercher a faire des coups au Japon mais pour ceux qui sont sérieux dans leur démarche les perspectives sont réelles. |
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