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Emmanuel, Bangalore, Inde
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ALTERNATIV Food Process Pvt. Ltd. Agriculture Bangalore, Inde
Emmanuel MANCION Pour en savoir plus : www.alternativfp.com Son histoire jusqu’a l’Inde : Emmanuel finit ses études en 91. Il est diplômé d’une école d’ingénieur en agriculture et vient de terminer un master à l’Essec. Il obtient une promesse d’embauche de Danone, mais avant, il part voyager avec un ami en Thaïlande, Malaisie et Indonésie pendant 3 mois. L’Asie est un choix puisque Emmanuel est attiré depuis toujours. Il rentre en France et démarre une semaine plus tard son job de vendeur chez Danone. Il fait ses classes dans la vente pendant 3 ans, puis il passe Directeur Régional des ventes. Pendant cette période, Emmanuel frappe régulièrement à la porte de la DRH pour demander s’il y a des opportunités à l’international. Au bout de 6 ans et de manière totalement inattendue, le groupe Danone propose à Emmanuel de monter un bureau en Inde pour faire du sourcing et de l’assurance qualité pour l’approvisionnement en Cornichons. Emmanuel débarque donc en Inde, à Bangalore précisément, en 1999. Son parcours d’entrepreneur : La mission d’expatriation d’Emmanuel dure 3 années. Il fait du sourcing en Inde mais aussi le Sri Lanka, Madagascar, Maroc. Il voyage donc beaucoup. En même temps, il monte le bureau, le structure, rationalise la chaîne d’approvisionnement et met en place l’assurance qualité. A la fin de sa mission en Inde, Emmanuel ne souhaite pas continuer sur un autre poste d’expatrié. Il veut saisir une opportunité qu’il se créerait. Il a une idée précise. Il demande à son employeur, passé entre temps sous le giron d’Unilever, s’il accepterait de le prendre comme fournisseur de cornichons. Rassuré par la réponse qui lui a été donné, il passe donc du statut de collaborateur à celui de fournisseur. Il trouve un partenaire indien et autre canadien et investit tout son argent personnel dans la création d’une usine de cornichons. L’usine est montée en un temps record. Les premiers cornichons sortent de l’usine seulement 20 semaines après le premier coup de pioche pour creuser les fondations. Sa vie d entrepreneur : Pourquoi devenir entrepreneur ? Emmanuel a eu la chance d’ « un petit poisson dans un grand aquarium ». C’est à dire qu’il a pu évoluer dans un grand groupe, bien structuré, bien organisé, où le management est de qualité et où la formation des hommes est une priorité. C’est une bonne école pour évoluer, travailler sa polyvalence. Lorsqu’on a lui a proposé de quitter l’Inde pour un autre poste en expatriation, Emmanuel a fait le bilan des dernières années. Sa volonté a été de rester en Inde car il a senti qu’il avait encore des choses à faire là-bas. En plus, l’Inde était un pays d’avenir. Aussi, il ressentait l’envie de devenir « un gros poisson dans un petit aquarium ». Il voulait faire le pas et devenir entrepreneur. De plus, il s’est dit que ça ne se présenterait pas 2 fois, et il gardait en mémoire l’histoire de son père qui avait eu l’opportunité de créer son activité il y a une quinzaine d’année et qui se mord encore aujourd’hui les doigts de ne pas l’avoir saisie. Alors il a foncé et il l’a fait. Emmanuel est donc depuis 5 ans à son compte et depuis 8 ans en Inde. Quand Emmanuel est devenu patron, lui et sa famille ont du s’adapter, changer de vie et trouver de nouveaux repères. 5 ans plus tard, il ne voudrait pour rien au monde changer de vie. Bien sur, c’est sa vie professionnelle est fatigante tant physiquement que moralement, mais elle est géniale car elle correspond à ce qu’il veut : beaucoup de contacts, d’initiatives, d’analyses, d’anticipations, de stratégie, tout en gardant un pied dans l’opérationnel. Et puis il y a le plaisir d’être en Inde et d’ évoluer dans un pays qui a le vent en poupe. Il n’en reste pas moins lucide sur son business et conscient de ses imperfections. D’ailleurs, il a décidé de repartir de zéro avec son business. Il construit une nouvelle usine et a repensé toute son affaire. Quel parcours du combattant pour créer en Inde ? Il a fait délibérément un business en Inde avec un partenaire indien. Les raisons sont que cela facilite la bonne marche du business et qu’on peut trouver en Inde d’excellents partenaires. Il a investit beaucoup d’argent pour monter son affaire car avoir des idées n’est pas suffisant pour devenir industriel du jour au lendemain. Sinon, pour Emmanuel, le parcours du combattant dépend plus du combattant que du parcours. Si l’on est motivé, prêt dans sa tête, et qu’on porte un projet précis, il n’y a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas. Pour lui, il est plus facile de créer un business en Inde qu’en France. En Inde, il y une place et un statut accordé à l’individu, à l’entrepreneur. Et même si monter un business en Inde signifie beaucoup de licences, de procédures, de choses à faire, c’est un obstacle mineur car il suffit de bien s’entourer et l’essentiel est préservé : la souplesse et la liberté d’entreprendre. Donc avec de l’envie, on y arrive. Et si c’était à refaire ? Si l’expérience était à refaire, il changerait probablement certaines choses, notamment au niveau tactique et sur la forme. En effet, quand on vie sur place, on manque de recul et on fait donc des erreurs. Il sait donc qu’il aurait pu mieux faire, mais il a aujourd’hui suffisamment de recul pour dire que si c’était à refaire, il le referait… et même 10 fois s’il le fallait. Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l’aventure ? Emmanuel croit que fondamentalement les problèmes paraissent plus gros quand on les voit de loin. Il faut donc y aller, se jeter à l’eau. On a qu’une vie alors autant en faire quelque chose de sympathique, se faire plaisir. Si on prépare bien son affaire, on vient avec un projet bien pensé et bien ficelé : Si on possède une forte capacité d’adaptation, et si on est prédisposé à ce type d’aventure ; si on est prêt à vivre une vie infernale (énormément de travail, dans des conditions souvent inconfortables et pour de faibles revenus), au moins les premières années ; on y arrive. |
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