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Stephane & Charlie, Tulum, Mexique Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
HOTEL DON DIEGO DE LA SELVA
Hôtellerie, restauration
Tulum, Mexique

Stéphane PALMIERI & Charlie GALLIGANI (en photo)

Pour en savoir plus :
www.dtulum.com

Leur histoire jusqu’au Mexique :

C’est l’histoire parallèle de 2 amis de 15 ans.

Stéphane est à l’origine éducateur sportif. Il fonde au début des années 90, APS, une association qui aide à l’intégration des jeunes en grande difficulté dans les banlieues. Apres 10 ans de dur labeur, le stress de paris fait son effet, Stéphane a un accident de santé. Suffisamment important pour qu’il décide de changer d’orientation pour trouver plus de confort et moins de stress dans sa vie.

Charlie est ingénieur en géophysique. Il travaille sur les chantiers de travaux publics et est spécialisé dans les tunnels. Il participe d’ailleurs au chantier du tunnel sous la Manche, employé par la société Sodetanche. Ensuite il change d’emploi, toujours en France, et devient responsable du service après vente d’une société de détection d’incendie.

Apres l’accident de Stéphane au début des années 2000, ils décident de s’installer dans leur maison de campagne, loin de l’agitation parisienne. Stéphane devient apiculteur tandis que Charlie travaille toujours sur Paris.

Cette situation leur permet de se ressourcer et de prendre du recul sur leurs vies. La crise de la 40ene est entamée. Ils se disent qu’ils doivent partir loin de Paris et faire quelque chose de plus concret dans leur vie. C’est là que leur est venu l’idée de tout vendre et de partir s’installer au Mexique pour créer l’hôtel « Don Diego de la selva ».

Pourquoi le Mexique ? Parce que, quitte à adopter la démarche de partir de Paris, autant partir loin. Ils sont sous le charme du Mexique pour y être venu une bonne dizaine de fois en vacances ces dernières années. Le Mexique est un pays grand et magnifique. Stéphane et Charlie sont attirés par la dimension historique rare, par le fait que le Mexique est un pays ancien et fier de ses racines. Alors, le Mexique s’impose presque de lui-même.

Stéphane et Charlie ont donc pris leur décision en 2003 et ils vont mûrir le projet, bien le préparer pendant 2 années en France avant de s’installer définitivement au Mexique en 2005.

Leur parcours d’entrepreneur :

Stéphane et Charlie commencent à prospecter en 2003. Ils savent qu’ils vont monter un hôtel sans connaitre la profession, sans connaître la clientèle, et en mettant tous leurs œufs dans le même panier. Ils veulent donc mettre le plus d’atouts de leurs cotés. A l époque, en observant comment fonctionne le tourisme au Mexique, ils se rendent compte rapidement que Tulum est l’endroit qui va se développer et où leur Hôtel devrait avoir du succès. La situation à Tulum est simple : les hôtels existants se concentrent en bord de la plage (hôtels de tout gabarit mais horriblement cher) et dans le village (où il n’y a aucun hôtel haut de gamme). Leur projet est donc de faire dans le village le premier hôtel de qualité avec une touche française, qui puisse recevoir du monde en respectant les standards de propreté, de service et de confort qu’on peut exiger d’un hôtel digne de ce nom.

Stéphane et Charlie ne trouve pas trop compliqué le fait d’acheter le terrain, de constituer la société, de trouver l avocat et le comptable pour les aider dans leur démarche, ni d’obtenir la carte de séjour. Par contre, la deuxième phase de leur installation est plus laborieuse : il s’agit de trouver les gens pour faire la construction, soit un cabinet d architecture (obtenir le permis et faire les plans selon les règles mexicaines) et le constructeur… question de fiabilité, d’honnêteté, de sérieux.

Le chantier démarre fin 2004. Stéphane vient superviser les travaux pendant 2 mois. Charlie donne sa démission et le rejoint en décembre pour les 3 derniers mois de travaux. Le chantier aura duré 5 mois et ne s’est finalement pas trop mal passé. Seulement ils ratent la haute saison de décembre à mars. L’hôtel ouvre le 3 avril 2005, en pleine basse saison, et c’est un peu la déprime.

Stéphane et Charlie mettent tout de même à profit cette période. D avril à septembre Stéphane rentre en France pour sa dernière saison de récolte du miel et Charlie reste pour roder l hôtel. Ils ont voulu donner une image de maison d’hôte à leur hôtel : un endroit ouvert, convivial où les gens se rencontrent. Ils ne connaissent rien de l hôtellerie mais avec beaucoup de naturel et malgré des débuts épiques, les premiers clients repartent satisfaits.

Le déclic arrive lorsqu’ils débauchent une personne qui va rester chez eux pendant un an et va leur apprendre tous les rudiments du métier d’hôtelier au Mexique, des démarches administratives à la gestion de l hôtel. Mais ce qui va réellement les mettre sur des bons rails, c’est leur rencontre par hasard avec le correspondant du Guide du Routard. Ils étaient encore en construction mais celui-ci a quand marqué deux lignes sur l’hôtel Don Diego de la Selva dans l’édition 2004. Ils ont démarré grâce à ça et le Guide du Routard continue de leur apporter la moitié de leur clientèle. La deuxième source est Internet qui attire la clientèle américaine, ainsi que quelques reportages dans les magazines spécialisés. Ils sont aujourd’hui inondés de demandes de renseignements des 4 coins du monde et ils ont du s’organiser pour répondre à chacun d’eux. C’est quelque part la rançon du succès et cela montre bien la nouvelle dimension qu’a pris l hôtel.

Cela fait deux ans maintenant que l’affaire tourne presque toute seule. Aujourd’hui encore, Stéphane et Charlie sont les seuls à avoir cette idée de l hôtellerie. Leurs concurrents sont sur la plage mais font payer cher le fait d être près de la plage. Leur taux d’occupation frôle déjà les 100% en haute saison, ils voient l’avenir en rose.

Leur vie d entrepreneur :

Pourquoi devenir entrepreneur ?

L’idée leur est venue naturellement. Monter son affaire est dans la définition de ce qu’ ils voulaient faire. Charlie a pour principe que, quand on veut quelque chose, il vaut mieux le faire soi-même. Et Stéphane a un tempérament de fonceur. Donc quand ils ont pris la décision de partir à l’étranger pour s’inventer une nouvelle vie, il était presque naturel de décider de monter son affaire tout de suite et de ne pas chercher du boulot sur place pour réfléchir à quoi faire.

La question s’ est toutefois posée au tout début lorsqu’ ils sont allés chercher des renseignements auprès de personnes ayant déjà eu la même démarche qu’ eux. On leur a dit de ne pas le faire, qu’ils étaient fous, que c’était trop difficile, et qu’ils n’y arriveraient jamais car ils ne connaissaient pas le marché, ni le métier et qu’ils allaient tomber dans les filets de l’administration. Par contre, on leur a proposé de les embaucher dans un hôtel de la région à des postes de gestionnaire pour leur mettre le pied à l’étrier et voire venir. Ils ont hésité mais pas longtemps. Ils avaient une idée précise de ce qu’ils voulaient faire, ils avaient les sous pour investir, et pour s’être bien renseignés ils se sentaient capables de le faire.

Surtout, ils étaient décidés à le faire. Ils ont foncés un peu tête baissée mais cela leur permettait de faire ce qu’ils voulaient. Le produit, ils l’avaient bien en tête et pour pouvoir le faire comme ils le souhaitaient, pour le créer, le concrétiser tel qu ils l’avaient en tête, ils n’avaient qu’un choix : le faire eux-mêmes.

Stéphane et Charlie ont autofinancé la création de l’hôtel. Comme ils aiment le dire, ils ont travaillé pendant 20 ans et ont investi tout leurs patrimoine pour s’offrir un petit coin qui leur plaisait.

Quel parcours du combattant pour créer au Mexique ?

Ca s est pas trop mal passé pour eux et ils ne parlent pas de parcours du combattant. Le travail de préparation en France a été important.

La première année a été une période de doute où ils se sont un peu chercher, à savoir comment ils allaient fonctionner. Une amie architecte en France les a aidé à dessiner les plans ce qui a été l’élément moteur de la phase de préparation.

La deuxième année a permit de se lancer dans la concret : validation des plans, repérages sur place, montage de la société et achat du terrain (un coup de chance à 2 jours du retour en France).

Le Mexique a l’avantage d’être un pays ouvert, l’un des rares au monde où tu peux en tant qu’étranger monter ta propre société sans la participation d’un actionnaire local. Cela est important au niveau de la confiance et ouvre des perspectives énormes. Dans le cas de Stéphane et Charlie, ils ont monté leur propre structure mexicaine avec leurs fonds. Ils sont donc propriétaires de leur boite et détiennent tout le capital. Ils sont autonomes de ce cote la, et donc, ils se sentent en confiance, maîtres de leur affaire et avenir.

De plus, le Mexique est très demandeur d’investissements (du moins du coté caraïbes) et donc toutes les taches administratives sont facilitées. Certes, les administrations font payer au prix fort, au travers des impôts et taxes, le fait de s’installer sur une des plus belles cotes du monde, mais globalement elles facilitent réellement les choses.

Le gros point noir est la corruption qui est présente a tous les échelons de la hiérarchie et partout. Certains vous diront qu’on s’ y accommode et qu’on y trouve même l’avantage de la flexibilité. La procédure en elle-même de création de la structure peut paraître compliquée… mais comme en France.

Il est nécessaire d’ être aidé et accompagné tout au long de la procédure par un avocat et un comptable. Il existe des règles compliquées, qui disent par exemple que pour monter sa société il faut des papiers d immigration, mais que pour avoir ces papiers il faut justifier d être propriétaire ou d avoir monter sa société… bref, c est le serpent qui se mord la queue. Mais comme tout est souple et avec l’aide de son avocat, on arrive en toute légalité à contourner la loi , à obtenir ses papiers via un prête nom et à faire avancer son projet.

Au niveau papier, il faut obtenir dès le départ l’équivalent d une carte de séjour, valable un an et renouvelable. Pour cela, il suffit de respecter les règles, soit toucher un salaire et payer un impôt dessus. En conclusion, l’essentiel réside dans la nécessite absolue d’être bien entouré et accompagné.

Et si c était à refaire ?

Ils vont le refaire. Charlie précise : « tous les investisseurs te le disent, dans un premier temps tu construis un beau projet qui te rapporte des sous, suffisamment pour vivre, et bien, mais surtout dans l’optique de le revendre, et grâce a cet apport tu peux reconstruire quelque chose qui te corresponde vraiment, exactement comme tu avais l’idée de le faire ». En d’autres termes, la première fois, celui qui se lance est toujours limité par le budget, le temps, ou autres. Il doit donc faire des impasses, des concessions par rapport au projet dont il rêve au départ.

Stéphane et Charlie n’échappent pas à la règle. Ils sont en train d`y réfléchir. Ils pensent à revendre dans 2 années pour faire autres chose ; plus grand ; ici ou ailleurs, à un endroit qui lui plait encore plus ; le refaire et avoir la satisfaction d’être aller véritablement au bout de leurs rêves. Vous l’avez compris, il s’agit plus de consolider leurs acquis que de prendre un nouveau départ. Ils estiment avoir la chance de faire un métier relativement agréable, dans un environnement agréable, ils font les choses bien car c’est dans leur nature. Ils n’ont donc aucune intention de changer leur vie actuelle. Seulement, ils ont l’occasion de revendre avec une belle plus-value leur affaire, et ainsi de pouvoir remonter une affaire identique, mais cette fois-ci avec les mains libres. Ils pourraient alors faire les choses exactement comme ils le rêvaient, et ça c’est une idée qui les séduit.

Stéphane et Charlie sont d’accord sur un autre point : il faut se fixer sans cesse des objectifs dans la vie car sinon on tourne vite en rond. Alors il y a de fortes chances que leurs rêves deviennent réalités.

Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l aventure ?

Créer une maison d hôte ou similaire est très à la mode en France. Ils ont rencontré plusieurs personnes qui ont adoré leur concept et ont voulu le développer dans d autres pays. Beaucoup en rêvent mais peu franchissent le pas.

Leur conseil est simple : si vous avez les moyens de le faire, foncez ! Vous y arriverez dans tous les cas, c’est juste une question de volonté. Aussi, il est bon de faire le ménage dans sa vie avant de se lancer, car si on décide de se lancer il ne faut pas trouver des excuses après pour ne pas le faire. Cela évite d’avoir des regrets.

Si l’envie est là, il faut le faire. C’est une démarche agréable et si ça ne marche pas, alors ce n’est pas bien grave. L’essentiel est d’essayer du mieux qu’on peut.

Plus particulier au Mexique, ils conseillent de s’adapter à la façon d être des Mexicains : « tranquilo » dans toutes les situations, négocier avec le sourire et tact. On peut faire à peu près faire ce qu’on veut quand on souhaite monter sa boite au Mexique. La condition est un matelas financier suffisant pour voire venir. C est relativement cher et risqué d’investir ici, donc leur conseil est de travailler dur en France, d’économiser plus que nécessaire pour pouvoir être à l’aise quand on arrive au Mexique. Il faut prendre en compte le fait que l’étranger est considéré comme riche et que les administrations l’attendent au tournant.

Pour conclure, Stéphane et Charlie conseillent de ne pas avoir peur et de se lancer, même si le projet n’a pas été préparé. L’important c’est d’avoir l’idée bien ancrée dans sa tête, et de consolider ses finances avant de se lancer. Une fois qu’on est prêt et qu’on a envie de se lancer, on y va et les choses se mettent en place au fur et à mesure. Un mot d’ordre : faites-le !

 
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