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Michel, San Pedro de Atacama, Chili Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
LA CAVE
Restauration
San Pedro de Atacama, Chili

Michel COUMES

Pour en savoir plus :
www.sanpedrodeatacama.net/i-cave.html

Son histoire jusqu’au Chili :

Michel est un cuisinier originaire de Toulouse et ça s’entend. Cela fait 28 ans qu’il est parti de France.

Sa première expérience en cuisine, il la fait dans un restaurant du sud de la France. Puis, il part à 18 ans travailler un an en Suisse allemande dans le restaurant d’un ami. Il retourne une dernière fois en France, dans la région Centre, pour diriger la cuisine d’un restaurant.

Un an plus tard, il quitte la France. Il part à Miami 1 an 1/2, puis passe 10 ans au Canada. Il travaille dans les cuisines, ou ouvre des restaurants. Il repart un an à New York, revient sur Montréal, part travailler 3 mois sur un bateau de croisière qui fait les Caraïbes. Retour à Montréal où il rencontre une femme chilienne. Il décide de la suivre et de s’installer au Chili en 1992.

Son parcours d’entrepreneur :

Michel habite le sud du Chili et trouve rapidement du travail en cuisine. Sauf que rapidement, il se lasse du mauvais temps et du froid et décide de tout plaquer pour rejoindre le Nord.

Il arrive un peu pas hasard à Iquique. Il apprécie la ville et décide d’y rester. Mais Michel ne trouve pas de boulot et pense quitter le pays. Heureusement, une compagnie d’aviation lui ouvre les portes et Michel peut rester au Chili.

Il rencontre sa future femme, une chilienne, et commence à s’installer. Sauf qu’un jour, un ami lui donne un conseil avisé : « pourquoi ne vas tu pas tenter ta chance à San Pedro de Atacama. La ville est très touristique, être un chef français est un atout, ça ne peut que marcher ». Comme Michel ne connait pas l’endroit, il décide d’y faire un tour.

Il rentre dans un restaurant du coin pour prendre des renseignements et ressort avec une proposition d’embauche. Il rentre à Iquique faire ses valises et repartir aussitôt à San Pedro. Il pense venir pour un an mais va finalement y rester bien plus longtemps. La présence d’un chef français se fait rapidement savoir et les touristes affluent. Le restaurant fonctionne très bien.

En 2003, un ami lui demande d’ouvrir un restaurant pour lui. Michel monte l’affaire. « La cave », version 1, voit le jour. Les débuts sont prometteurs, quand l’ami en question reprend les rênes de l’affaire. Au bout d’un an et demi, ce dernier propose à Michel de lui céder le restaurant car il n’arrive pas à le faire marcher. Michel saute sur l’occasion.

Quand il reprend le restaurant en 2005, il s’agit d’un restaurant populaire, familiale. Il le transforme entièrement pour en faire un restaurant simple mais bon et convivial, avec une forte consonance française. Grâce à ses contacts, il réalise l’exploit d’ouvrir le restaurant le 4 janvier 2006, soit seulement 5 jours après l’avoir acheté, travaux compris.

Il n’a pas besoin de faire de publicité, l’affaire marche toute seule et tout le temps. Il se laisse 3 ou 4 ans de plus, et pense soit le vendre, soit le céder à sa fille qui prendrait la relève, soit le louer et ouvrir un gîte à côté… et pourquoi pas ouvrir « la cave 2 ».

Ce qui est sûr c’est qu’il est bien sur San Pedro et qu’il compte y rester. San Pedro a de l’avenir. Le tourisme explose et le village est plein 10 mois dans l’année. De plus, la région se développe fortement du fait de l’ouverture de nouvelles mines de cuivres et de la construction d’un énorme centre de recherche sur les étoiles et la lune.

Sa vie d entrepreneur :

Pourquoi devenir entrepreneur ?

Son ami propriétaire du restaurant « la Cave » le lui avait dit : ce restaurant est fait pour lui. Il a eu l’opportunité de reprendre l’affaire et il n’a pas hésité à le faire. Il faut dire qu’il a l’habitude de monter des affaires : il avait précédemment ouvert 4 restaurants pour son compte (2 à Montréal et 2 à Miami), et plusieurs autres pour des amis. Bref, il connaissait et savait y faire.

Quel parcours du combattant pour créer au Chili ?

Michel possédait des papiers chiliens (résidence permanente) puisqu’il était marie à une chilienne depuis plus de deux ans. Il avait donc le droit de faire ce qu’il voulait. Créer et développer son affaire n’a donc pas été compliqué. Il a donné pouvoir à un comptable qui a fait toutes les démarches pour lui.

La partie administrative est donc très simple. Le gouvernement est un peu plus dur sur les impôts. Ici, il est possible de se faire beaucoup d’argent si vous on travaille bien, mais les impôts veillent. Mieux vaut être réglo et bien respecter les lois.

Le Chili est un pays ouvert pour tous les immigrants. Le Chili est un pays moderne et structuré. L’argent ne fait pas tout et il ne faut pas croire qu’on peut acheter les chiliens et réinventer leur monde.

Autre avantage du Chili, on est moins taxé qu’en France : 20 % contre 60%. Egalement, on peut ouvrir un commerce avec un petit capital. Il n’est pas nécessaire d’apporter un gros capital pour monter une affaire.

Les services sont performants. Une fois qu’on a ses papiers et un local, tout va très vite : tous les services (eau, électricité, poste, etc..) fonctionne dans la semaine.

Racheter un resto est plus facile qu’en ouvrir un car le plus difficile est de trouver des prestataires sérieux pour les travaux, et du personnel motivé pour démarrer.

Et si c était à refaire ?

Oui, il le referait car il adore l’action, l’aventure et sa vie lui a apporté tout ça. Pourtant, il a connu des situations difficiles, à ne pas pouvoir manger faute d’argent, à ne pas pourvoir s’intégrer sans papier et avec la barrière de la langue, à ne pas trouver de boulot pendant 6 mois,… mais il a appris à s’adapter aux situations et à s’en sortir toujours. Malgré toutes les galères, il est heureux d’avoir vécu cette vie là et il conseille à tous ceux qui ont envie de le faire, d’y aller même si ça sera forcément difficile, parfois pénible.

Non, il ne change pas sa vie actuelle non plus. On lui a déjà proposé un job en France bien payé. Mais il ne veut pas revenir : le stress, les embouteillages, les patrons qui crient, c’est du passé. Il préfère gagner moins et vivre mieux. Au Pérou il vit heureux et tranquille.

Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l aventure ?

Le chili est pays grand. Il y a donc de la place pour beaucoup de monde.

Un conseil pour les jeunes tentés par l’aventure : soyez simple et n’arrivez pas avec la grosse tête et la science infuse. Tous les pays sont aujourd’hui ouverts et au courant de ce qui se passe dans le monde. Michel a vu beaucoup de français arriver avec de l’argent et en pensant tout connaître ; ils sont vite repartis et sans rien.

L’idée c’est d’y aller tranquillement, de commencer petit. Au chili on peut tout faire mais l’idéal est d’ouvrir un petit business avec peu ou pas d’employé (car c’est là que commencent les ennuis). On vit bien au Chili avec seulement 1 million de pesos par mois (env. 3000 dollars).
 
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