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Julie, Frenchtouch, Buenos Aires, Argentine
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FENCHTOUCH
Pouvez vous vous présenter brièvement : d’où venez-vous, quelle est votre formation et racontez vos débuts professionnels ? Je suis née à Rouen en Haute-Normandie. Après un bac littéraire, je suis partie à Paris suivre le DEUG Communication (à l’époque!) du CELSA, puis je suis allée jusqu’à la Maîtrise. A suivi une année de « break » à Barcelone en Espagne, puis j’ai fait un 3ème cycle en Communication Politique à Créteil. J’ai par la suite effectué un stage très significatif en consulting à Paris pendant 4 mois, en organisant notamment deux congrès d’experts internationaux à Marseille. Suite à ce stage, j’ai monté un projet de documentaire en Argentine, que je suis venue réaliser à mon compte en décembre 2003. En 2005, après un poste de 9 mois dans une association de volontariat civil à Paris en tant que Chargée de Communication, je suis revenue en Argentine, où j’ai commencé à travailler en free-lance en communication, surtout sur l’aspect créatif. J’ai alors commencé à me former en web pour pouvoir très vite commencer à proposer des services internet. Comment avez-vous été amené à choisir votre nouveau pays d’accueil ? C’est le phénomène des usines autogérées par leurs ouvriers après la crise qui m’a fasciné et m’a fait venir en Argentine. Je les ai interrogés et filmés à deux reprises, en 2003 et en 2005, pour en sortir 2 documentaires. Décrivez-nous en quelques mots les atouts et faiblesses de ce pays ? L’Argentine est un pays qui, selon moi, constitue le lieu idéal pour accompagner une période de changement personnel. Ses portes étant grandes ouvertes et faciles d’accès -ainsi que la plupart des choses (activités, formations …)-, il est possible de se « lancer » dans n’importe quelle activité, et d’explorer ses envies. D’autant plus qu’avec des Euros, il est encore plus facile de prendre le temps de le faire. L’Argentine permet, économiquement et de par ses diverses ouvertures, de se donner le temps de réfléchir et d’explorer. Les défauts : un manque de rigueur en général, des portes ouvertes qui finalement montrent des limites assez rapidement dès que l’on souhaite approfondir un peu un thème ou une activité. Souvent une culture du superficiel, ayant des impacts assez rapidement sur les relations, qu’elles soient professionnelles ou personnelles. Quel déclic vous a donné envie de devenir entrepreneur ? Je supportais mal la hiérarchie dans mes postes. J’étais aussi très intéressée par la maitrise d’un projet du début à la fin, et non par une intervention ponctuelle pendant son déroulement. J’ai tous les traits de caractère qui font que j’aime être maître du projet et décisionnaire, et supporte mal l’inverse. Comment s’est déroulée la phase de la création ? Est-ce que ce fut un parcours du combattant ? Avez-vous bénéficié d’aides ? L’Argentine n’étant pas regardante -jusqu’à un certain point- sur l’aspect légal, il est possible de rester des années, comme je l’ai fait, sans initier de vraies démarches légales, et d’user de ruses et astuces faciles pour mener son activité à bien sans avoir à rendre des compte aux autorités. Au moment de légaliser les choses, oui, c’est un peu un parcours du combattant, fait de changements fréquents dans les lois, impliquant de s’y adapter tout le temps, et d’avoir ses « entrées » auprès desdites autorités. Il y a de nombreux vides juridiques en Argentine, avec notamment aucun cadre légal pour les travailleurs indépendants étrangers, ce qui ne facilite pas les premières démarches. Quelles sont les avantages et désavantages de créer une affaire dans ce pays ? Les avantages pour moi sont en amont un éventail de possibilités pour se former, renforcer des compétences existantes, et prendre le temps de le faire, surtout au niveau légal, comme je l’ai déjà dit. Par ailleurs, vivre en Argentine constitue un des mes avantages compétitifs principaux vers la France et l’Europe : des tarifs avantageux. Je peux en effet proposer une gamme de prix intéressants, car le coût de la vie ici, encore aujourd’hui, est inférieur à la France. Est-ce qu’être français est un atout ? Si oui, pourquoi ? La relation que les Argentins ont avec la France est culturellement très forte, faite de beaucoup d’amour et d’admiration, parfois de haine et d’envie. Un brésilien m’a un jour dit : « Un Argentin, c’est un Italien qui parle espagnol, et qui rêve d’être Français ». Je pense qu’il y a du vrai. Par conséquent, et notamment dans mon secteur d’activité, le côté français rime avec « esthétisme » et « chic » auprès des Argentins, « rigueur », « sérieux » et respect des délais auprès des français installés ici! Car les argentins ne sont pas les plus à cheval sur les délais, même lorsqu’ils sont fournisseurs … Bref, pour répondre à la question, oui je crois qu’être Français est un atout, je pense d’ailleurs qu’à ce propos, le nom de mon agence est explicite … Où en êtes-vous aujourd’hui de votre aventure entrepreneuriale et quelles sont vos ambitions pour l’avenir ? Je m’entoure, et qui dit collaborateurs dit nouvelles idées, nouvelles initiatives. Je me concentre aujourd’hui sur une vraie stratégie commerciale et sur le développement de la notoriété de Frenchtouch. Pour l’avenir, des ambitions : plus de collaborateurs, des projets nombreux et variés, en Argentine mais aussi en Europe. Quels sont vos liens avec la France et prévoyez-vous de rentrer un jour ? Je travaille souvent avec des clients en France. Les projets sont intéressants et les relations à distance sont parfois plus efficaces que si nous étions dans la même ville. J’aime cette façon de travailler à distance, elle me fascine. Skype, les emails, sont des bijoux de communication. Je suis aujourd’hui capable de tout gérer par internet, même les imprimeurs. Pour un client à Paris, j’ai réalisé une plaquette, que j’ai faite imprimer à Toulouse, et que le client à reçu chez lui, impeccable, sans que nous ne nous soyons jamais rencontrés, ni avec l’imprimeur, ni avec lui. Rentrer, je ne sais pas, pourquoi pas, mais pas dans l’immédiat. L’Argentine apprend à ne pas trop se projeter dans le temps, c’est quelque chose que j’ai adopté! Avez-vous un message ou des conseils à donner aux jeunes générations tentées de suivre vos pas ? J’encourage vivement les entreprises personnelles! Mais il faut par contre pouvoir supporter les étapes de carence, et sans cesse savoir renouveler son énergie créatrice. L’Argentine en cela, facilite parfois les choses, et à d’autre moment les complique. Mais à force de volonté on y arrive! Merci pour tout et excellente continuation. |
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