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Eric, Sao Paulo, Brésil | Eric, Sao Paulo, Brésil |
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LUDENS SPIRITS
A la fin de ses études, il part en 1997/ 98 effectuer sa coopération à Sao Paulo au Brésil pour le compte de Christofle, une société francaise des arts de la table. Il y rencontre Marisa, une brésilienne procureur. Comme il est issu d´une famille d´industrielle depuis 7 générations, il retourne en France et intègre la société familiale à Limoges. Il y travaille 5 années, de 1998 à 2002, en tant que cadre dirigeant. Courant 2001, Marisa prend une année sabbatique pour rejoindre Eric à Limoges. Elle doit repartir fin 2002 pour reprendre sa carrière et Eric décide de la suivre. Le fait que le secteur des arts de la table traverse une pèriode difficile en France et que son père pense vendre la société familiale a aussi pesé dans la balance. Son parcours d’entrepreneur : Il consacre sa première année au Brésil à retaper une maison et à profiter de la naissance de sa première fille. En mars 2004, il se dit qu´il doit faire quelque chose et il envoye une trentaine de Cvs auprès d´entreprises brésiliennes. Il ne trouve rien. Alors il a l´idée de monter son affaire. Au départ, il pense monter un atelier de décoration en porcelaine. Il se rend rapidement compte que le projet n´est pas économiquement viable car l´investissement de départ est important. Il veut plutôt créer un produit nouveau, industriel et facile à faire. C´est alors qu´il se rappelle une réflexion personnelle qu´il a depuis une dizaine d´années. Eric s´est apercu qu´un grand nombre de jeux de plateaux ont été inventé, à toutes époques et par toutes les civilisations. Ces jeux sont une véritable mine d´informations culturelles et ludiques, il s´est dit qu´il était dommage de ne pas les mettre en valeur. Son idée est de créer une malette avec une collection des jeux du monde. Un jeu serait créé et lancé chaque année, en apportant une attention particulière au design, à l´esthétique qui doit refléter la thématique du jeu (historique, géographique, culturelle, etc.). Eric se penche sérieusement sur le sujet et fait d´importantes recherches sur internet. Plus il recherche, plus il trouve le sujet intéressant, plus il se passionne. Au final, il acquiert une excellente connaissances des jeux du monde et se dit que le projet vaut la peine d´être tenté. Il rédige pendant un mois un business plan et postule pour une place en incubateur. Le niveau d´exigence pour entrer dans l´incubateur est important, mais le projet d´Eric séduit le jury et il obtient un local. Il consacre les 2 années qui suivent à bien préparer son projet. Il suit une formation en gestion, réalise une étude de marché, créé le design des produits, recherche les matières et les fournisseurs, et met au point le process de fabrication. En avril 2006, il présente sa première collection de 10 jeux lors du plus important salon de jeux d´Amérique Latine. L´accueil est favorable, Eric est rassuré. Il constitue alors la société "Ludens Spirit" avec un capital minime de 15 000 réals mais va investir dans l´affaire plus de 150 000 réals sur 3 ans (de 2004 à 2007). Il obtient en septembre ses premières commandes. Un déclic va se produire quelques mois plus tard. En effet, Eric fait partie d´une association de petits fabricants de jouets et il a l´opportunité au travers d´elle de participer à une foire sur l´éducation (Saber) fin 2006. Il se dit pourquoi pas y aller et cela s´avère un excellent choix. La foire va lui offrir de formidables portes. Il fait d´abord la rencontre des représentants brésiliens de Mind Lab, une agence israélienne qui a inventé une méthodologie d´éducation par le jeu. L´agence vient d´appliquer sa méthodologie dans 8 écoles, soit 4 000 élèves, et ses représentants souhaitent offrir à chaque élève une boite de 6 ou 7 jeux. Eric travaille d´arrache pied sur ce projet qui a d´excellentes chances d´aboutir rapidement. "Ludens Spirit" est choisit comme fournisseur par la Fondation "Bradexo". Celle-ci sponsorise 40 écoles à travers le pays. La fondation offre chaque année deux malettes aux écoles contenant un livre de jeux et cette année elle veut ajouter un jeux à la malette. Eric recoit donc une belle commande dès janvier 2007. L´intérêt de ce contact est multiple. Cette commande en appelle d´autres. L´opération est largement relayée par les médias ce qui permet à Eric de gagner en notorité sans frais. Enfin, ce travail est d´autant plus bienvenue qu´il est déconnecté de la saisonnalité forte du secteur du jeux (fin d´année). Enfin, Eric a l´opportunité de développer l´export. Il obtient une première importante commande d´un client francais. L´activité de "Ludens Spirit" connait un réel boom (100 000 réals facturés en seulement 8 mois) et les perspectives sont bonnes. Sa vie d’entrepreneur : Eric savait qu´en venant au Brésil, il allait faire quelque chose. Il voulait entreprendre pour avoir les choses en mains et aimait le côté fabrication. Il aurait pu faire totalement autre chose, comme fabriquer sous licence, si l´opportunité s´était présentée puisque sa seule exigence était de faire un produit pour l´export qui lui permette de garder un lien avec la France et l´Europe. Il a choisit de ne pas attendre la bonne occasion, de prendre son destin en main et de passer à l´action seul. Créer une micro entreprise n´est jamais facile car il faut justifier d´un local et d´un certain niveau d´investissement. Eric a réussi à contourner cette difficulté et déposer ses statuts avec l´aide de sa comptable. Un autre problème au Brésil est le manque de professionnalisme général. Il est compliqué de trouver des fournisseurs qui offrent une qualité de services et de produits à la hauteur de ses espérances. Et quand on en trouve, il faut rester vigilant et être toujours derrière. Sinon le Brésil est un pays formidable pour l´entrepreneur. Les structures de base existent, la législation offre une certain souplesse, le contexte économique est favorable et les opportunités sont réelles. En plus, être francais aide. Et si c’était à refaire ? Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l’aventure ? Voyager est essentiel. La formule comme quoi « les voyages forment la jeunesse » est plus que jamais actuelle. Eric pense qu’on ne peut pas être entrepreneur si on n’a pas mis les pieds hors de France. De nos jours, un chef d’entreprise est forcément confronté à un moment de sa vie à un environnement international. Il lui faudra à ce moment faire preuve d’audace pour s’en sortir. Voyager et travailler à l’étranger permet d’apprendre à être audacieux car on se retrouve dans des situations difficiles, où l’on doit décrypter de nouvelles règles du jeu et s’adapter à une nouvelle culture. La solution pour un jeune aujourd’hui est donc de partir à l’étranger suffisamment longtemps pour s’imprégner de la culture locale. L’idéal est de travailler sur place plusieurs mois et de vivre à la local. De ce fait, le jeune apprend à se débrouiller par lui même ce qui est essentiel quand on veut monter son affaire à l’étranger. Eric encourage donc les jeunes à voyager pour se développer personnellement, pour oser. C’est la meilleure des formations. |
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