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Stefan, Johannesburg, Afrique du Sud | Stefan, Johannesburg, Afrique du Sud |
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GLOBAL INSPECTIONS SOUTH AFRICA PTY. LTD. Societe de controles techniques Bryanston, Afrique du Sud
Stefan SAKOSCHEK Pour en savoir plus : www.global-inspections.com Son histoire jusqu’a l’Afrique du Sud : L`Afrique ne lui est pas méconnue puisqu`il est né et est resté jusqu' a ses 5 ans en Sierra Leone. Une petite enfance africaine donc. Dans les années 70, il revient en Europe pour y passer sa scolarité jusqu en 82. Il intègre ensuite l IFAM a Paris. Puis il s’expatrie en Autriche pour étudier à l université de Sciences Economiques de Vienne. Mais le cursus ne lui plait pas. Alors il intègre, toujours a Vienne, le Campus de la Webster University, une unité de l université du même nom a Saint Louis du Missouri aux USA. Il y suit un cursus traditionnel du post graduate au MBA en passant par le Bachelor. Sa dernière année d études (1986), il la fait aux Etats-Unis.
Il y reste et travaille jusqu au début des années 90 pour diverses sociétés, françaises et américaines. En 91, a la fin de son visa, il retourne en Europe pour démarrer un contrat de sous-traitant pour la commission des communautés européennes. En fait, il avait monte pour l occasion avec des associes, une société belge qui a gagné un contrat d une durée de 2 ans d assistance technique aux pays ACP dans le cadre de la convention de Lomé. En 92, il rencontre par hasard sa femme qui est sud-africaine. Ce détail a son importance pour la suite de l histoire.
En 93, 94, il est directeur commercial d une société Suisse qui vend des franchises en Asie et en Afrique. Juillet 94, il quitte son poste et reçoit une nouvelle proposition d emploi pour aller travailler en Allemagne pour une société Allemande, mais cette perspective ne l enchante pas.
Entre temps, il se rend en vacances en Afrique du Sud. Il parle avec plusieurs français établis sur place et après quelques coups de fils, il obtient un rendez vous avec le patron de la société Veritas. Celui-ci recherche quelqu un pour sa division Commerce International et lui fait rapidement une proposition.
Stefan réfléchit bien et le pari lui semble intéressant. Il prend donc la décision de partir en Afrique du Sud pour de nouvelles opportunités.
Les élections viennent de se passer et il pense déjà a l époque que l Afrique du Sud va devenir un pays a opportunités. Ayant déjà des affinités africaines de part sa jeunesse et son épouse étant sud africaine, le lien et la décision de déménager en Afrique du Sud se font tout naturellement. C est chose faite en novembre 94.
Son parcours d’entrepreneur :
Il travaille pour Bureau Veritas des décembre 94 et jusqu a début 2000. Entre temps, il reconnaît une niche d affaires dans le domaine du contrôle technique en Afrique du Sud.
Cette niche s adresse à la clientèle locale qui a besoin de la prestation offerte par Veritas mais n a pas les moyens de payer les tarifs Veritas. En effet, Bureau Veritas fait partie des big four qui ont un oligopole sur la profession au niveau mondial et dont les imposants sièges sociaux à Paris, Genève ou New York imposent des tarifs confortables à toutes leurs filiales. L idée lui vient donc de créer une société de contrôle technique africaine pour des besoins africains basée à Johannesburg.
Il donne sa démission en janvier 2000 pour créer sa société. Tout d abord il doit patienter une année a cause de sa clause de non concurrence. Il s occupe en s expatriant vers la Cote d Ivoire pour le compte de plusieurs sociétés Sud Africaine… en intérim, il aide une société qui fait des publicités extérieures a créer des filiales dans plusieurs pays africains francophones… avec succès.
Retour a la fin de sa période d essai en juin 2001, mois pendant lequel il fonde Global Inspections South Africa. Le business model est donc d offrir des prestations de contrôles techniques certifiées et de qualité mais a des tarifs intéressants.
Il commence à 2 avec 0 rand de capital (et plutôt 450 000 rands de dettes personnelles). Ils s installent dans 15 m2 de bureaux et louent des ordinateurs. Les débuts sont difficiles.
Par ironie du sort, son premier client est Bureau Veritas. En effet, Stefan a l idée d aller proposer un contrat de sous-traitance commerciale a son ancien employeur qui accepte l offre. Nous sommes en septembre 2001, et en l espace de 3 semaines, Global Inspections passe de 0 à 100 inspections par mois.
La société est bien obligée de s agrandir, multipliant ses effectifs par 2. Principalement, des anciens cadres et inspecteurs de Bureau Veritas qui font le choix de rejoindre Stefan.
En mars 2002, Bureau Veritas signe un encore plus gros contrat. Cette fois il est question de mettre en place pour eux une structure à Durban et à Cape town, ce qui représente un gros investissement. Ils le font, avec l aide de leurs fournisseurs, en particulier IBM qui leur fournit 30 ordinateurs a des conditions très privilégiées. Global Inspections passe de 5 à 30 employés.
Bureau Veritas leur donne beaucoup de travail pendant 2 ans, mais Global Inspections n oublie pas de développer sa activité propre, hors BV, notamment en se diversifiant. De simple vérification contrôle et qualité, l activité de la société s est étendu a la mise a niveau qualité selon les normes Iso, la création d un laboratoire d analyse et la tierce détention. Global Inspections a donc bien évolue.
Mais si aujourd hui la société de Stefan est parfois en concurrence avec Bureau Veritas, elle n’en a pas moins un profil différent, plus africanise. En effet, elle répond a la disposition Black Empowerment Enterprise ce qui lui permet de répondre et d avoir du succès pour les marches et appels d offres publics, officiels, et autres ou le statut BEE est demande… statut que n ont pas les filiales de groupes étrangers.
Ce quasi monopole et la forte croissance de Global Inspection qui gagne des parts de marche sont mal vus du cote Bureau Veritas. Bureau Veritas décide de rompre le contrat du jour au lendemain et de ne plus donner de missions a Global Inspections pendant 3 mois, puis redonner quelques missions spots mais dans des volumes bien moindres. C est un choc car Bureau Veritas représentait avec le contrat près de 40% du volume d affaires.
Mais la société tient bon et poursuit son développement, notamment a l international. Stefan ne perd pas de vue son objectif qui est de faire de son entreprise une société d inspection africaine reconnue en Afrique. Il grandit donc en investissant l Afrique de l Est (Tanzanie, Kenya, Boswana, Mozambique,….).
6 ans après sa création, Global Inspections est un petit groupe qui va acquérir un second petit groupe et donc doubler son chiffre d affaires (4,5 millions de dollars US contre 2 aujourd hui). Sa marge est celle d un prestataire de services, soit entre 25, 30%. Le groupe emploie 200 personnes et est présent dans une 10ene de pays surtout en Afrique anglophone. Son développement a l international passe par le nord et des projets d ouvertures de filiales sont déjà dans le pipe, notamment en Afrique de l ouest francophone.
Sa vie d entrepreneur :
Pourquoi devenir entrepreneur ?
Au départ, en arrivant en Afrique du Sud, il n a rien en tête. Il doit démarrer son contrat avec Bureau Veritas dans le contrôle technique. L idée d entreprendre lui est venue comme une évolution naturelle des choses.
Quel parcours du combattant pour créer en Afrique du Sud ?
Pour lui, pas de contraintes administratives. Il avait demande lorsqu il était toujours chez Bureau Veritas la résidence permanente qu il a obtenu au bout de quelques mois seulement.
Autre avantage lors de la création. Stefan s est associe avec un ancien de Bureau Veritas, Praba, d origine indienne, qui est aujourd hui l actionnaire majoritaire de la société. Ceci permet a la société d avoir le statut BEE, Black Empowerment Enterprise. Pour info, pour avoir le statut BEE, il faut que 25,1% des actionnaires soient des Previously Desavantaged Minorities, soit les minorités opprimes d avant les élections de 94, soit les métisses du Cap, les indiens et les noirs. Aujourd hui ce statut ouvre beaucoup de portes et est indispensable pour travailler sur le marche de l Afrique du Sud.
Pour l entrepreneur, le chemin est plus long et plus dur (et le devient de plus en plus), surtout pour les formalités administratives liées a l obtention du visa. Il faut s y prendre bien en avance, il faut le faire de préférence au départ de la France (alors que ce n était pas le cas il y a 10 ans) mais une fois passe le cap de l administratif, créer une société est extrêmement simple : pas de capital a constituer, plusieurs formes de sociétés un peu similaires a l Europe (Pty= SA, Cc= Sarl, ou société en nom propre). Tout le processus de création de société (facturation, enregistrement TVA, etc…) est facile et rapide. Le seul obstacle est donc d avoir le statut de résident ici pour pouvoir créer sa société de droit local.
Le chemin idéal est de venir dans un premier temps pour le compte d une boite et voire sur place ce qu il est possible de faire dans le cadre de ses compétences.
Et si c’était a refaire ?
Si c était a refaire il le referait sans aucun état d âme, ni hésitation.
Il ne s est pas trompe. 10 ans après, le bilan est que l Afrique du Sud a été un pays a opportunités (qu il a su saisir) et qu il devient de plus en plus un tremplin vers le reste de l Afrique. Il reste donc très positif de l Afrique du Sud qui présente également un gros potentiel de marche intérieur. Seulement c est risque a cause de la criminalité ambiante. Cela rend aussi la vie un peu plus chère et plus stressante.
L Afrique du Sud a un retour plus intéressant sur les investissements sur le travail (on peut faire plein d argent), plus d opportunités qu en Europe et pleins de bonnes choses (on vit très bien) : il fait beau 9 mois dans l année , les paysages sont magnifiques, etc… mais la contrepartie c est le risque ambiant (d ailleurs essentiellement a Johannesburg). Elle s explique par le fait que sur 45 millions d habitants, 40 sont des populations précédemment désavantagées, et si la fortune des quelques 50 familles qui s adjugeait 99% de la richesse du pays a été démantelé, ces populations essentiellement agricoles et noires n ont pas d argent… et comme y a 5 millions de personnes qui en ont un peu, alors ça crée quelques tensions et frictions, forcement.
Mais il y a plein de choses qui se passent bien en Afrique du Sud : la réconciliation na pas donne lieu a une guerre civile, la transition se passe relativement bien, une classe moyenne et aisée noire émerge.
Les zones de friction sont liées aux compétences qui n ont pas été acquises et qui sont en train de l être. Y a une lacune de 10 ou 15 ans d éducation secondaire voire tertiaire, qui n a pas été faite pendant l apartheid (puisque les noires n avait pas accès a l éducation, ni le droit d acheter, d avoir du terrain, d aller a l université). Cette lacune de compétences fait que les gens n ont pas accès a un travail remunere et donc il est plus facile de devenir bandit.
Le pays sort progressivement de cette situation mais ça prendra encore 10 a 15 ans, le temps que les universitaires comprennent un peu mieux l économie et ce qui se passe en Afrique du Sud, et en prennent le contrôle.
La loi BEE a des abus au début de la loi dans les années 96. Des gens donnaient des actions a des minorités qui n avaient pas les compétences ce qui faussait le jeu, beaucoup de black empowerment deal se créait comme un lobby mais se cassaient la gueule faute de compétences, la corruption… Bref, pendant 3 années ça c est mal passe. Maintenant les gens font la part des choses, sélectionnent leurs partenaires, vendent leurs parts plutôt que de les donner. Mais a terme, il faut que l Afrique du Sud réalise aussi que a force d imposer de plus en plus de contraintes, l entrepreneur ira autre part. Il faut donc que cela se libéralise a un moment donne, que ca redevienne plus une économie de marche. En conclusion, le BEE a ete problématique, ca s améliore et Stefan pense que ça va vers le mieux. En effet, les blacks empowerment deals et blacks compagnies qui ont abuse du système et l ont corrompus se font attraper a un moment donne. Il y a même une remise en question du statut black (est ce que ca suffit d être black pour faire des affaires et avoir le droit d être impliquer dans tel ou tel deal ?) qui se fait. Il est donc optimiste car ca change : ceux qui travaillent émergent et les corrompus se font attraper ou disparaissent.
Des conseils a donner pour qui voudrait tenter l aventure ?
Pour devenir entrepreneur, il faut être motive par le risque de travailler sans filet.
Le plus difficile est le démarrage. A un moment, il faut prendre le pas, prendre la décision de ne plus être stresser par le manque ou le pas de financement, ne pas hésiter (avec ou peu de capital)… il faut prendre la décision de quitter sans regret son statut de cadre salarie relativement confortable et intéressant.
L étape critique est de se lancer en sachant que pendant 1 a 2 mois, il n y aura pas de rentrée. Il faut limiter cette inquiétude en assurant le quotidien. Ne pas se lancer sans avoir le quotidien d assure est une première étape.
Pour Stefan, c est son père qui a permis le démarrage en investissant 80 000 francs de l époque dans la création de la société.
Il faut de la ténacité. 2005 a été une période creuse et il a même un temps remis en question la continuité de Global Inspections. Au dernier moment, il a gagne un appel d offre pour le World Food Progam, ce qui a permis un redémarrage en puissance de la société.
Il faut savoir faire de grosses économies et aussi réinvestir. La société a fait beaucoup d argent les 3 premières années et a donc engrange des économies. Celles-ci ont permis d assumer les périodes creuses et de réinvestir le temps venu… par exemple, lorsqu ils ont perdu le contrat Bureau Veritas parcequ ils étaient devenu trop gros, c est 40% de leur volume d affaires qu il a fallut trouver ailleurs. Stefan a donc pris la décision de réinvestir, faire du reengineering, de reformer une partie de ses activités. Il s agit en particulier d investir en formation des inspecteurs et de re-commercialiser leurs nouvelles compétences.
On en vient a la troisième qualité nécessaire a l entrepreneur, savoir se diversifier, rester ouvert a toutes les opportunités qui se présentent. Ils sont devenus aujourd hui la plus grosse société d inspection dans le domaine agricole alors qu il ne faisait pas du tout ça il y a 18 mois.
L entrepreneur doit savoir aussi remettre en questions les charges fixes (salaires, bureaux, etc..). L Afrique du Sud est avantageuse au niveau de la flexibilité des cadres. Il a pu notamment appliquer des baisses de salaires de l ordre de 20 a 25% a tous ses cadres (y compris les associes) pour pouvoir gérer la trésorerie en période creuse.
Pour devenir entrepreneur en Afrique du Sud, il faut en plus avoir un profil particulier, être fait pour un coefficient risque plus élevé. Il faut être prêt a un peu plus d aventure (que l Europe, ça reste tout de même l Afrique) |
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