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RIAD MOUNIA Maison d’hôtes, tourisme Marrakech, Maroc
   Maryvonne GRUNBERG
Pour en savoir plus : www.riad-mounia.com
Son histoire jusqu’au Maroc :
Originaire de Normandie, Maryvonne fait des études d’histoire à Paris pour devenir professeur. Les aléas des postes l’amène à Tours où elle enseigne successivement au collège, lycée puis à l’université.
Parallèlement, elle est très active au sein d’associations européennes. Elle exerce notamment des responsabilités dans le cadre des Maisons de l’Europe avec lesquelles elle organise des rencontres de jeunes et des formations sur la communauté européenne.
Un beau jour de février 1995, sa vie bascule. Elle hérite par le biais d’une grande tante d’un ryad à Marrakech. A cette époque, le ryad n’est pas à la mode comme il va le devenir quelques années plus tard. Maryvonne et son mari décident donc de se rendre à Marrakech pour voire à quoi peu bien ressembler leur bien.
Il découvre une splendide ruine. Ils sont impressionnés par l’atmosphère extraordinaire du lieu et les vestiges qu’ils détectent touchent leur corde sensible d’historiens. Le coup de foudre est immédiat.
Seul petit problème, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas les seuls héritiers et doivent donc s’engager dans une longue procédure pour racheter les autres parts. Une procédure qui va durer 3 ans pendant lesquelles le ryad continue de devenir un peu plus ruine.
Depuis le début, Maryvonne et son mari ont l’idée de faire de ce ryad leur maison de famille. Ils envisagent d’ailleurs la restauration dans cette optique, à l’identique à partir de photos d’époque et des parties encore en bon état. Par chance, le ryad d’à côté est en cours de rénovation dans les mains d’un architecte réputé internationalement. Celui-ci accepte de les aider à choisir les bons corps de métier et artisans.
Pour autant, la restauration qui débute en 1999 est une aventure longue et compliquée. Maryvonne et son mari prennent la précaution de venir sur place tous les 2 mois pour suivre les travaux. Ils doivent également résister aux nombreuses sollicitations car les ryads deviennent à la mode et le leur est particulièrement convoité par les promoteurs.
En 2002, les gros travaux sont terminés. Ils réalisent qu’il est hors de question de laisser le lieu en déshérence sous peine qu’il retombe en ruine et se fasse piller. Ils décident de changer d’orientation et de surfer sur la mode des maisons d hôte. Maryvonne est séduite par l’idée de s’installer à Marrakech, surtout que la ville de Tours lui propose parallèlement de la représenter sur place dans le cadre de l’accord de coopération qu’on signé les 2 villes.
Maryvonne pose ses valises au Maroc en septembre 2002, alors que son mari reste en France pour assurer les arrières.
Son parcours d’entrepreneur :
Elle commence par créer sa SARL locale qui englobe ses activités de coopération et maison d’hôte. Puis elle se met à fouiller la ville à la recherche d’objets pour décorer la maison. Elle découvre le milieu riche et passionnant de l’artisanat au Maroc. C’est une période d’autant plus agréable qu’en même temps, elle se rapproche des autorités locales et finalise la première opération de coopération (import de matériel informatique).
Elle se confronte aux réalités locales soit les blocages administratifs, les bakchichs, la gestion de multiples intermédiaires, etc... mais apprend vite. Aussi, elle met rapidement en œuvre d’autres projets d’envergure : la réception de matériel hospitalier, un audit sur les jardins de Marrakech et la création d’un centre de culture Euro-méditerranéen ; Et démarre en même temps l’activité maison d’hôte.
Cette dernière activité décolle rapidement avec la volonté de développer un tourisme responsable. Elle créé des liens entre les touristes et les locaux notamment lors de la visite des projets suivis par Maryvonne.
Parmi ces projets, l’un touche particulièrement Maryvonne. Né du hasard d’une rencontre, Maryvonne a convaincu la Mairie de Tours (et des sponsors) de soutenir le projet d’un ingénieur agronome qui veut sortir son village natale du sous développement en l’éveillant à la culture bio.
Aujourd’hui, Maryvonne fourmille de projets en cours et à venir. Elle est très active et aime particulièrement ce qu’elle fait dans le cadre du centre européen et le projet en province décrit ci-dessus car ce il s’y passe beaucoup de choses intéressantes et concrètes.
Sa vie d entrepreneur :
Pourquoi devenir entrepreneur ?
Non prémédité, le passage d’une vie de fonctionnaire à celle d’entrepreneur représente un changement radical. Tout est différent et Maryvonne a dû apprendre beaucoup de choses en peu de temps.
Mais tout a du sens et l’esprit était là. Par exemple, elle a vite compris l’intérêt de se constituer des réseaux et son expérience de monter des projets au niveau de l’Europe l’y a bien aidé. Egalement lors de sa vie de fonctionnaire, elle avait toujours eu l’idée que les profs devaient sortir de leur classe et se frotter au monde économique. Elle possédait donc une bonne connaissance du monde de l’entreprise, et finalement, elle ne fait que réaliser ce qu’elle enseignait.
Elle confirme qu’il s’agit d’un monde passionnant car on jouit d’une grande liberté mais également difficile et stressant.
Quel parcours du combattant pour créer au Maroc ?
Créer une structure localement est compliquée tout simplement parce que tout est complexe au Maroc. Heureusement, elle a pu compter sur l’appui efficace d’un expert comptable qu’on lui avait recommandé.
En théorie et depuis peu, tout le monde peut monter sa structure en propre, à l’exception de quelques activités bien ciblées qui nécessitent encore d’avoir un partenaire marocain.
Le Maroc est un pays en plein essor alors les règles changent vite. Celles-ci sont par exemple très souples dans le tourisme qui est un axe prioritaire de développement économique du pays.
Le Maroc est un pays plaisant pour entreprendre car les gens sont accueillants, avenants et ouverts. Surtout à Marrakech. Par contre, la difficulté principale est que tout va lentement. La première qualité quand on s’installe au Maroc est la patience. Il faut aussi être résistant car le découragement guète : savoir laisser le temps au temps, s’habituer à la culture du bakchich et comprendre les codes du langage. Une adaptation difficile pour nos esprits formatés à l’européenne.
Et si c était à refaire ?
Maryvonne n’envisage pas un retour dans le monde du fonctionnariat. Elle est aujourd’hui très active grâce à son activité de coopération et cette nouvelle vie la passionne. Egalement, le métier de maison d’hôte lui offre un contact permanent avec des gens du monde entier et est une ouverture sur le monde qui est très agréable.
Maryvonne n’éprouve donc aucun regret ni envie de revenir en arrière.
Des conseils à donner pour qui voudrait tenter l aventure ?
Avant de partir à l’étranger, il faut bien se renseigner sur le pays et il existe à ce sujet des mines d’informations (guides, sites internet, organismes,…).
Aujourd’hui, on incite beaucoup les jeunes à partir et les possibilités sont nombreuses. Les pistes sont d’autant plus évidentes si l’on vise un pays francophone comme le Maroc. Il ne faut pas hésiter ni avoir peur de se lancer. En plus, grâce à internet, il est facile de s’expatrier car on moins isolé et on reste connecté au monde ou qu’on soit dans le monde.
Pour s’intégrer dans un nouveau pays d’accueil, on doit oublier un peu la France et être conscient que les règles sont différentes et qu’il faut les respecter. Il suffit pour cela de s’instruire un minimum et surtout d’être très ouvert et de ne pas transporter la France avec soi. Apprendre et maîtriser la langue locale est un plus indéniable.
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